Note 627 — LIVRE IV (continued 2)
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L'éternel combat de la grâce et de la loi fut encore combattu au temps de saint Louis, entre l'Université et les Ordres Mendiants. Voici l'histoire de l'Université: au douzième siècle, elle se détache de son berceau, de l'école du parvis Notre-Dame, elle lutte contre l'évêque de Paris; au treizième, elle guerroie contre les Mendiants agents du pape; au quatorzième contre le pape lui-même. Ce corps formait une rude et forte démagogie, où quinze ou vingt mille jeunes gens de toute nation se formaient aux exercices dialectiques, cité sauvage dans la cité qu'ils troublaient de leurs violences et scandalisaient de leurs mœurs[627]. C'était là toutefois depuis quelque temps la grande gymnastique intellectuelle du monde. Dans le treizième siècle seulement, il en sortit sept papes[628] et une foule de cardinaux et d'évêques. Les plus illustres étrangers, l'Espagnol Raymond Lulle et l'Italien Dante, venaient à trente et quarante ans s'asseoir au pied de la chaire de Duns Scot. Ils tenaient à honneur d'avoir disputé à Paris. Pétrarque fut aussi fier de la couronne que lui décerna notre Université que de celle du Capitole. Au seizième siècle, encore, lorsque Ramus rendait quelque vie à l'Université en attendant la Saint-Barthélemy, nos écoles de la rue du Fouarre furent visitées de Torquato Tasso. Pur raisonnement toutefois, vaine logique, subtile et stérile chicane[629], nos artistes (les dialecticiens de l'Université se donnaient ce nom) devaient être bientôt primés.