Note 17 — LIVRE III
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La noblesse innombrable et pauvre de la Bretagne était plus rapprochée du laboureur. Il y avait là aussi quelque chose des habitudes du clan. Une foule de familles de paysans se regardaient comme nobles; quelques-uns se croyaient descendus d'Arthur ou de la fée Morgane, et plantaient, dit-on, des épées pour limites à leurs champs. Ils s'asseyaient et se couvraient devant leur seigneur en signe d'indépendance. Dans plusieurs parties de la province, le servage était inconnu: les domaniers et quevaisiers, quelque dure que fût leur condition, étaient libres de leur corps, si leur terre était serve. Devant le plus fier des Rohan[17], ils se seraient redressés en disant, comme ils font, d'un ton si grave: Me zo deuzar armoriq: «Et moi aussi je suis Breton». Un mot profond a été dit sur la Vendée, et il s'applique aussi à la Bretagne: Ces populations sont au fond républicaines[18]; républicanisme social, non politique.