Note 353 — LIVRE IV
Reading edition
Un Picard, qu'on nommait trivialement Coucou Piètre (Pierre-Capuchon, ou Pierre l'Ermite, à Cucullo), contribua, dit-on, puissamment par son éloquence à ce grand mouvement du peuple[353]. Au retour d'un pèlerinage à Jérusalem, il décida le pape français Urbain II à prêcher la croisade à Plaisance, puis à Clermont (1095). La prédication fut à peu près inutile en Italie; en France tout le monde s'arma. Il y eut au concile de Clermont quatre cents évêques ou abbés mitrés. Ce fut le triomphe de l'Église et du peuple. Les deux plus grands noms de la terre, l'Empereur et le roi de France, y furent condamnés, aussi bien que les Turcs, et la querelle des investitures mêlée à celle de Jérusalem. Chacun mit la croix rouge à son épaule; les étoffes, les vêtements rouges furent mis en pièces et n'y suffirent pas[354].