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Histoire de France 814-1189 (Volume 2/19)

Note 409 — LIVRE IV

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La chaîne des libres penseurs rompue, ce semble, après Jean le Scot[409], s'était renouée par notre grand Gerbert, qui fut pape en l'an mil. Élève à Cordoue et maître à Reims[410], Gerbert eut pour disciple Fulbert de Chartres, dont l'élève, Bérenger de Tours, effraya l'Église par le premier doute sur l'eucharistie. Peu après, le chanoine Roscelin de Compiègne osa toucher à la Trinité. Il enseignait de plus que les idées générales n'étaient que des mots: «L'homme vertueux est une réalité, la vertu n'est qu'un son.» Cette réforme hardie habituait à ne voir que des personnifications dans les idées qu'on avait réalisées. Ce n'était pas moins que le passage de la poésie à la prose. Cette hérésie logique fit horreur aux contemporains de la première croisade; le nominalisme, comme on l'appelait, fut étouffé pour quelque temps.

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