Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Si l'on se rappelle le personnage qui, lors de la première attaque de Sirmium par les Avars, vint ingénieusement au secours de la ville en mettant le duc Bonus sur pied; ce personnage, c'était lui. Après la cession de Sirmium, sa patrie, au kha-kan des Avars, Théodore s'était retiré dans quelque ville voisine pour rester Romain, et Priscus, qui connaissait son esprit et son patriotisme, le chargea de plusieurs missions près du chef barbare. Théodore était un homme instruit, adroit, insinuant, qui mêlait une grande séduction à une grande liberté de langage61: le kha-kan l'aimait pour sa gaieté, et peut-être un peu aussi pour ses bons conseils. Leur conversation, dans le laisser-aller de la vie intime, roulait assez ordinairement sur des points de morale qui ne devaient pas être plus étrangers aux barbares qu'aux hommes civilisés, et il assaisonnait ses leçons de traits d'histoire que le kha-kan écoutait avec le vif intérêt qu'apportent à tout ce qui est récit les hommes de l'Orient. Théodore le surprenait-il dans ses bouffées d'orgueil, exaltant les grandes choses qu'il avait accomplies, et prétendant qu'il n'existait personne sous le soleil qui eût la force de lui résister62? Le médecin arrivait timidement avec une anecdote, tirée de l'histoire grecque ou romaine, dont il savait à propos adoucir ou acérer le trait63.