Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Des expéditions du même genre eurent lieu pendant les années 594 et 595 contre les tribus slaves, cette arrière-garde de la Hunnie, et Baïan intimidé ne dit rien; il redoutait Priscus, dont les talents militaires se révélaient assez hautement, et qui, joignant aux qualités du guerrier celles du politique, savait opposer la ruse à la ruse aussi bien que les armes aux armes. Le chef avar, tout en le détestant comme adversaire, ressentait un secret attrait pour lui; c'était à lui personnellement qu'il faisait remonter ou les faveurs ou les déboires qui lui venaient du gouvernement romain; c'est lui qu'il cherchait à flatter ou qu'il provoquait suivant l'occasion. Priscus, de son côté, ne le traitait pas comme un barbare ordinaire; il appréciait son génie; il eût voulu le voir, tranquille dans l'empire qu'il avait fondé si glorieusement, se plier aux idées de justice et de bon voisinage. Il savait que plus d'un noble avar, corrompu dans sa barbarie par un avant-goût de civilisation, ne demandait pas mieux que de jouir en paix à la manière des Romains de l'opulence qu'il avait acquise à leurs dépens. Aussi Priscus s'était-il fait des intelligences jusque dans le conseil du kha-kan, où des personnages considérables osaient soutenir le bon droit de l'empire et gourmander la haine opiniâtre de Baïan. Targite lui-même, le négociateur indispensable des grandes affaires, se faisait le champion de ces sentiments nouveaux60. Priscus eût désiré qu'ils frappassent l'intelligence de Baïan à défaut de son cœur, et il employait à cet effet un intermédiaire habile, le médecin Théodore, dont nous avons déjà parlé dans cette histoire.