Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Quand des Avars allaient en quartier d'hiver dans un village slave, ils en chassaient les hommes, s'établissaient dans les maisons, prenaient les provisions et le bétail, et abusaient des femmes et des filles: il en résulta un peuple de métis qu'ils voulurent traiter de la même façon, et qui finirent par se révolter contre leurs pères. Une brutalité cruelle s'unissait chez eux à la débauche. Une tradition encore en vigueur au temps de Nestor, le plus ancien historien russe, rapporte qu'ils attelaient les femmes slaves comme des bêtes de somme à leurs chariots. L'histoire ne nous donne guère de lumière sur le gouvernement de ce peuple, lequel était fort simple, comme celui de tous les peuples pasteurs. On remarque cependant que le pouvoir du kha-kan n'était pas unique et absolu, et qu'à côté de ce chef de l'armée et des relations politiques se trouvait un autre chef représentant le gouvernement de la nation sous certains points de vue, et dont les fonctions pouvaient être analogues à celles du grand juge chez les tribus hongroises. Ce second magistrat prenait chez les Avars le titre de ouigour ou iougour, qui reporte naturellement notre pensée à l'origine ougourienne des Ouar-Khouni5. Produite vraisemblablement par un mélange d'Ougours et de Huns occidentaux, la fédération des Ouar-Khouni aura voulu, dans le principe, garantir chacun de ces éléments par une représentation distincte, en leur donnant des chefs séparés. L'historien Théophylacte nous dit en effet que de son temps, c'est-à-dire au VIe siècle, on distinguait dans la nation avare, les Ouar et les Khouni. Plus tard, quand la fusion se fut opérée, et que les deux races n'eurent plus besoin d'une protection particulière, la dignité de ouigour changea de caractère; elle resta comme une haute magistrature placée au-dessous et près du kha-kan chef suprême de toute la nation.