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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Les grandes plaines qui bordent le Danube au nord, et qui portent aujourd'hui les noms de Valachie et de Moldavie, recélaient alors un des principaux repaires des Slaves, situé, suivant toute probabilité, dans la zone qu'arrose le Sereth, et défendu par des marais et de grands bois presque impraticables. Ils y avaient déposé le butin de leurs dernières expéditions, la déplorable dépouille des provinces de Mésie, de Dalmatie et de Thrace. Un chef important, nommé Ardagaste, en avait la garde avec une assez forte armée. Priscus projeta de s'en emparer, et une marche nocturne l'amena à travers la forêt, jusqu'au milieu du camp barbare. Ardagaste n'eut que le temps de se jeter tout nu sur un cheval sans selle, n'ayant d'autre arme que son épée. Tombé dans un parti de Romains, il met pied à terre, lâche son cheval, et fait face seul contre tous49; mais, près de succomber sous le nombre, il s'enfuit encore et gagne à toutes jambes les chemins les plus escarpés. Un tronc d'arbre qui se trouve sur son passage le fait choir, et il était perdu sans le voisinage d'une rivière qu'il aperçoit; il y court, la franchit à la nage50, et laisse bien loin derrière lui les Romains étonnés de sa vigueur. Il se sauva, mais sa peuplade et son armée furent presque anéanties. Alléchés par l'immense butin tombé en leur possession, les soldats romains demandèrent à grands cris de marcher plus loin, et Priscus, répondant à leur désir, envoya un détachement d'hommes déterminés, sonder les bois sous la conduite du tribun Alexandre. Ces hommes découvrirent un bivac de Slaves non loin de leur route, ils voulurent l'atteindre, mais, ayant affaire à des chemins brisés et croisés de vingt façons, ils s'égarèrent et allèrent se perdre dans un marais, où ils seraient restés sans l'assistance d'un Gépide qui se trouvait là51.

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