Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Les mœurs des Avars étaient un mélange de grossièreté et de luxe; ils recherchaient les beaux habits, la vaisselle d'argent et d'or, et leurs kha-kans s'étendaient sur des lits d'or ciselé garnis d'étoffes de soie et qui leur servaient de couche et de trône; au-dessus de ces lits ou divans étaient placés quelquefois des dais ou pavillons étincelants de pierreries. Ils avaient soin, dans les capitulations, de se faire livrer par les villes des étoffes précieuses pour leurs vêtements; Baïan poussait même la recherche de l'élégance jusqu'à se faire remettre des vêtements tout faits ou en demander à l'empereur: il fallait qu'un habit à la scythique, pour être à son goût, fût fabriqué d'étoffe romaine et sortît des ciseaux d'un tailleur romain. Le même kha-kan jugeait assez impertinemment les arts de la Grèce, et les riches cadeaux de l'empereur attirèrent parfois sa critique et son dédain. Les historiens racontent qu'ayant demandé avec importunité à l'empereur Tibère un lit travaillé par les orfévres de Constantinople, l'empereur en fit fabriquer un en or massif qui passa près de tous les connaisseurs pour une merveille de richesse et de goût, et le lui offrit en présent par les mains d'un ambassadeur. Le kha-kan le reçut avec tous les signes de la mauvaise humeur, faisant la moue et grondant entre ses dents; et après l'avoir examiné avec une attention dérisoire, il le déclara laid, pauvre et tout à fait indigne de lui; puis il le renvoya à l'empereur2. Ce barbare vaniteux qui ne trouvait rien d'assez magnifique pour lui, eut l'idée de posséder, à l'instar des augustes de Constantinople, des éléphants dressés qui pussent l'amuser et amuser son peuple dans les jours de réjouissances. Sur sa demande, l'empereur lui en envoya un d'une taille prodigieuse, le plus beau et le mieux instruit qu'il eût dans ses ménageries3; mais le kha-kan jeta à peine un regard sur l'énorme bête et la fit reconduire aussitôt à Constantinople, soit frayeur, soit mépris affecté pour les plaisirs qui tenaient une si grande place dans la civilisation des Romains4.