Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Les avant-postes avars se saisirent un jour d'un espion qui rôdait autour des murailles; on le fouilla, et on le trouva porteur d'une lettre de l'empereur Maurice, que le kha-kan se fit expliquer par ses interprètes40. Elle était adressée à Priscus, auquel le porteur, qui venait de Constantinople, devait la remettre. L'empereur y suppliait Priscus de tenir ferme et d'avoir confiance, attendu qu'il se préparait, disait-il, un coup décisif: une flotte considérable entrait en ce moment dans le Danube, avec mission de remonter le fleuve, de mettre la Hunnie à feu et à sang, d'enlever les enfants et les femmes du kha-kan41, et de les amener pieds et poings liés à Constantinople, où le kha-kan viendrait bientôt demander la paix à genoux. Tel était le contenu de la lettre saisie sur l'espion. Elle jeta la plus vive inquiétude dans le cœur de Baïan, qui vit ses enfants et ses femmes outragés, traînés en servitude et son pays envahi: il n'eut plus d'autre pensée que d'aller à leur secours en se retirant honorablement. Des ouvertures adressées par lui à Priscus furent bien accueillies; il s'ensuivit encore une paix. La nouvelle était fausse42, et la lettre, fabriquée à dessein, n'avait d'autre but que de donner le change au kha-kan: la ruse était bonne et réussit. Si le sorcier avait été ensorcelé à Drizipère, le trompeur fut trompé à Tzurulle.