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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Cette paix ne fut qu'une trêve de cinq années pendant laquelle les deux partis se préparèrent à recommencer la guerre sur une plus vaste échelle. Maurice, ayant terminé heureusement la guerre de Perse, eut une bonne armée disponible et un bon général à mettre à sa tête, Priscus, à qui étaient dus en grande partie les succès obtenus contre Chosroès. Il fit venir partiellement cette armée, dont il assigna le rendez-vous sous les murs d'Anchiale, et il voulut l'y installer lui-même pour témoigner de la part qu'il prenait aux malheurs des provinces danubiennes. Baïan, de son côté, remuait tous les barbares du nord jusqu'aux glaces polaires, et Maurice en acquit personnellement la preuve par suite d'une rencontre fort singulière qui lui advint pendant son voyage. Il se trouvait à environ quatre journées d'Héraclée, quand les soldats de son cortége aperçurent trois voyageurs qui suivaient la même route en sens contraire, et dont la taille gigantesque et l'accoutrement étrange éveillaient tout d'abord l'attention. Ils ne portaient ni casque, ni épée, ni armes d'aucune sorte, mais une cithare suspendue à leur cou32. Amenés à l'empereur, qui les interrogea sur leur nation, leur état, et ce qu'ils venaient faire dans l'empire, ces hommes répondirent en langue slave qu'ils appartenaient à la nation slavonne, et aux dernières tribus de cette nation vers l'Océan occidental33. «Le kha-kan des Avars avait, disaient-ils, envoyé à leurs rois des ambassadeurs avec des présents pour les engager à lui fournir des soldats; les rois avaient reçu les présents, mais ils s'étaient excusés de fournir les troupes sur le trop grand éloignement de leur pays et sur la difficulté des chemins. C'étaient eux qui avaient été chargés de porter au kha-kan ces excuses, et ils n'étaient pas restés moins de quinze mois en route34; mais le kha-kan irrité les avait retenus prisonniers au mépris du droit des ambassadeurs. Ayant appris par les récits qui leur étaient parvenus combien les Romains avaient de puissance et d'humanité, ils avaient saisi la première occasion de passer en Thrace35. «Ces cithares qu'ils portaient, ajoutèrent-ils, étaient les seules armes qu'ils sussent manier: étrangers au tumulte des guerres et des séditions, ils remplissaient chez les peuples un ministère de paix.» On reconnaît aisément dans les trois interlocuteurs de Maurice trois de ces poëtes ou chanteurs qui servaient d'ambassadeurs chez presque toutes les nations du Nord, auxquels les Scandinaves avaient donné le nom de scaldes, et que les anciens Gaulois appelaient bardes. Maurice les traita bien, admira leur haute stature et leurs membres nerveux, et les envoya séjourner à Héraclée36. Lui-même, après avoir présidé à la concentration d'une partie de ses troupes, retourna à Constantinople.

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