Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Ses libéralités commencèrent par le pape. L'abbé Angilbert, qu'on désignait sous le nom d'Homère dans l'académie caroline, et qui, après avoir épousé Berthe, une des filles du roi, l'avait quittée de son consentement pour se faire moine à l'abbaye de Saint-Riquier, fut chargé d'accompagner à Rome le trésor enlevé par Héric, et de le déposer sur le tombeau des saints apôtres334. Parmi les rois d'Europe qui prirent part à ces riches gratifications figurait le roi de Mercie, Offa, à qui Charlemagne adressa une lettre contenant ces mots: «Nous avons envoyé aux grandes cités et aux métropoles une part du trésor des choses humaines que Jésus-Christ nous a accordé malgré nos démérites. A vous que nous aimons, nous avons voulu offrir un baudrier, un glaive hunnique et deux manteaux de soie.335» On peut supposer que dans le nombre des églises honorées de la munificence du roi, celles-là eurent le premier rang qui, pillées jadis par Attila, pouvaient revendiquer de pareils cadeaux comme une restitution légitime. La cathédrale de Mayence reçut, à ce titre apparemment, des objets du plus grand prix, qu'on montrait encore, au xvie siècle, dans son trésor épiscopal. «C'était, nous dit un écrivain, qui les vit alors et les admira, une croix d'or massif, nommée Benna, pesant douze cents marcs, et sur laquelle était inscrit un vers latin qui en indiquait le poids336. C'étaient aussi deux calices de l'or le plus fin, dont le plus petit pesait dix-huit marcs, et dont le plus grand, épais d'un doigt, avait deux anses qui remplissaient les mains de celui qui le soulevait, et avait la forme d'un mortier. L'un et l'autre étaient tout parsemés de pierreries337.