Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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L'entrée de Pépin dans Aix-la-Chapelle, ou plus exactement dans Aquisgranum, présenta comme une image des triomphes de cet ancien empire romain dont Charlemagne rêvait la résurrection avec tant d'ardeur. On vit défiler devant le triomphateur les étendards conquis, les dépouilles des chefs groupées en trophées, et dans une longue suite de chariots découverts le trésor des rois avars: des monceaux d'or et d'argent monnayé, des lingots, des pierreries de toute sorte, des tissus d'or, de soie, de pourpre, des vases précieux enlevés aux palais ou aux églises331, et dont la richesse et la forme indiquaient s'ils provenaient des pillages de la Grèce, de l'Italie ou de la Gaule. Tudun et les nobles avars, dans une attitude morne et humble à la fois, faisaient partie du cortége: on pouvait se demander si c'était comme captifs ou comme alliés. Tudun s'agenouillant devant Charlemagne, lui prêta serment de fidélité suivant le cérémonial des Franks, et exprima le vœu de recevoir bientôt le baptême332. Charles, en souverain puissant et magnifique, ne s'adjugea pas le trésor des Huns comme un butin. Après en avoir prélevé ce que les savants de sa cour appelaient sans doute «les dépouilles opimes,» pour en faire don aux autres souverains et aux églises, il distribua le reste avec une prodigalité toute royale à ses fidèles, clercs et laïques, sujets et vassaux333.