Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
Reading edition
L'ambassade congédiée rentra en Hunnie, et l'on apprit bientôt que la division friouloise et carinthienne de l'armée d'Italie passait les Alpes sous la conduite du duc de Frioul Héric, général expérimenté et plein d'ardeur, et pénétrait en Pannonie, tandis que les Saxons étaient pourchassés par des forces supérieures entre l'Elbe et l'Oder. Le plan de campagne de Charlemagne à l'égard des Huns fut de les attaquer, comme la première fois, par l'Italie et la Bavière, en faisant marcher sa seconde armée directement sur la Theïsse par la rive gauche du Danube, en même temps qu'Héric mettrait à feu et à sang les contrées de la rive droite. Le jeune roi Pépin, qui se trouvait près de lui devait prendre le commandement de l'armée occidentale. Tout se passa comme il l'avait prévu. Héric assaillit, au printemps de l'année 796, un des rings intérieurs de la Hunnie et y trouva un immense butin, qui fut envoyé à Aix-la-Chapelle329. Ce fut ensuite le tour du roi Pépin, qui, marchant résolûment jusqu'aux plaines marécageuses de la Theïsse, eut la gloire d'assiéger et de prendre le ring royal, habitation des kha-kans et lieu de dépôt du trésor de la nation330. En vain Tudun, frappé de crainte, était venu près du jeune roi pour le fléchir et obtenir rémission: Pépin ne s'arrêta point jusqu'à ce qu'il eût mis le pied dans ce sanctuaire de la nationalité avare, et que l'étendard du protecteur de l'Église, qui venait de recevoir en hommage du pape les clefs de la confession de saint Pierre, flottât sur l'ancienne demeure du fléau de Dieu. La paix fut conclue sur les ruines du ring, et Tudun avec les chefs principaux de la Hunnie accompagnèrent le jeune vainqueur jusqu'aux bords du Rhin, et de là à Aix-la-Chapelle, où il devait retrouver son père.