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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Déjà ils n'étaient plus séparés de l'ennemi que par un sentier étroit qui débouchait sur son campement, et dans lequel les soldats marchaient avec précaution sur deux files entre lesquelles on avait rangé les chevaux et les mulets de bagages. Un de ces mulets s'abattit sous sa charge et embarrassa tellement le chemin, que ceux qui suivaient ne purent plus avancer29. Cependant le conducteur des bagages, ignorant ce qui venait d'arriver, continuait sa marche en tête du convoi. Les soldats lui crièrent d'arrêter afin de venir relever sa bête: Torna, torna, fratre, lui disaient-ils dans leur jargon, ce qui signifiait: «Retourne, retourne, frère30.» Ces mots, passant de bouche en bouche, furent interprétés dans les derniers rangs comme un avertissement de ne pas aller plus avant; des peureux y virent un cri de sauve qui peut, et au bout de quelques hésitations la troupe tout entière s'enfuit à la débandade. Ce qu'il y a de curieux, c'est que les Avars, réveillés en sursaut par le bruit, en firent autant d'un autre côté avec Baïan à leur tête31. L'intérêt de cette anecdote, donnée par les historiens byzantins, est de savoir que dans les provinces pannoniennes et mésiennes, où la petite armée dont il est question avait été très-probablement recrutée, on parlait le latin vulgaire, déjà fortement altéré, soit quant aux radicaux, soit quant aux désinences, et touchant de près aux langues romanes. La phrase des soldats pannoniens, torna, torna, fratre, et suivant une autre version, retorna, retorna, fratre, est déjà de l'italien ou du provençal. Pour en revenir à Baïan, il perdit beaucoup de monde dans cette campagne, fut vaincu dans une grande bataille près d'Andrinople en 587, et se vit enlever l'une après l'autre toutes les places du Danube qu'il avait si traîtreusement occupées. Quand la fortune lui devenait contraire, il demandait la paix, et c'est ce qu'il fit.

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