Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Le plan de campagne de Charlemagne, si mûrement préparé, au dire des historiens, semble avoir devancé, par la hardiesse et la science des combinaisons, le génie stratégique moderne305. Maître de l'Italie en même temps que de la Bavière, il prit deux bases d'opérations, l'une sur le Haut-Danube, l'autre sur le Pô. Tandis que l'armée de France attaquerait la Hunnie de front par la grande vallée qui la traverse, l'armée d'Italie, sous la conduite du roi Pépin, devait franchir les Alpes et la prendre en flanc par les vallées de la Drave et de la Save. L'armée franke était partagée elle-même en deux corps destinés à agir simultanément sur les deux rives du Danube. Charlemagne, prenant le commandement du premier corps, composé des Franks proprement dits, des Alemans et des Souabes, devait opérer sur la rive droite, la plus importante militairement, et envahir les Pannonies306; le second corps, composé des contingents saxons et frisons, devait suivre les chemins tourmentés et resserrés de la rive gauche et attaquer le cœur de la Hunnie; il était commandé par deux généraux franks d'un grand renom, le comte Theuderic et le chambellan Megenfrid307. Une flottille nombreuse, portant les approvisionnements de la campagne et en outre les contingents bavarois, devait descendre le fleuve en suivant les mouvements des deux divisions de terre, et fortifier l'une ou l'autre au besoin308. Pépin avait reçu l'ordre d'arriver sur les Alpes à la fin d'août et de pénétrer immédiatement dans la Pannonie inférieure; les opérations sur le Danube étaient fixées à la première semaine de septembre.