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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Les préparatifs de la guerre durèrent près de deux ans, et quand Charlemagne eut réuni en Bavière suffisamment d'hommes, de chevaux, d'approvisionnements de tout genre, il se rendit à Ratisbonne, où il établissait son quartier général; la reine Fastrade l'y suivit. Les épouses de Charlemagne n'étaient point comme les sultanes de l'Orient, des femmes amollies dans le repos, faibles de corps et d'âme et destinées à vivre et à mourir sous des verrous: le soldat infatigable voulait des compagnes de ses travaux et des mères fécondes. Quand ces mérites leur manquaient, son cœur se détachait d'elles, et il les répudiait302. Fastrade, qu'il avait épousée en 785, après la mort d'Hildegarde, était, malgré les défauts d'un caractère dur et hautain, une de ces femmes qu'il aimait, une confidente et parfois une conseillère utile dans les rudes labeurs de sa vie. Il l'installa donc à Ratisbonne avec les trois filles qu'elle lui avaient données et qui étaient de jeunes enfants, et celles plus nombreuses et plus âgées qu'il avait eues de ses autres épouses et de ses concubines. Fastrade les soignait toutes également, sans jalousie comme sans prédilection, exerçant leur esprit et leurs doigts par des travaux variés, et filant au milieu d'elles. Charles avait voulu que son fils Louis, roi d'Aquitaine, alors âgé de treize ans, assistât aux opérations de cette guerre et y fît ses premières armes. Sous le léger costume aquitain, que son père aimait à lui voir porter comme un hommage rendu à ses sujets d'outre-Loire, on le voyait cavalcader au milieu des Franks bardés de fer. «Il avait, disent les historiens, un petit manteau rond, des manches de chemise fort amples, des bottines où les éperons n'étaient pas liés avec des courroies, à la manière des Franks, mais enfoncés dans le haut du talon, et un javelot à la main303.» Le jeune Louis, dans cet équipage, avait un air à la fois guerrier et gracieux. Charles lui ceignit lui-même son baudrier garni de l'épée à la vue des troupes rangées en cercle, et cette remise solennelle des armes est ce qu'on appela plus tard «faire chevalier304.» Les généraux ayant reçu leurs ordres et chaque corps d'armée sa destination particulière, le roi partit pour les bords de l'Ens, où stationnait la division qu'il devait commander en personne.

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