← Table of contents
Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

Reading edition

C'était dans ces narrations colorées par la poésie des âges que se déployait le savoir des clercs. Les gens de guerre, les poëtes mondains, les femmes surtout, puisaient de préférence dans une autre source de traditions, dans ces chants épiques en idiome teuton dont Attila était un des héros, qui se répétaient partout, et auxquels Charles lui-même venait de donner une nouvelle vogue en les réunissant299. C'est là qu'on étudiait la vie du terrible conquérant, ses amours, ses femmes, sa mort tragique des mains d'une jeune fille germaine la nuit de leurs noces. Comment cette poésie amoureuse se mêlait-elle à la légende? Simplement et sans apprêt, comme nous le font voir quelques restes de la littérature du temps. «Le grand roi Charles, dit le moine saxon, poëte et historien de Charlemagne, avait hâte de rendre aux Huns ce qu'ils méritaient. En effet, tant que cette nation fut florissante et dominatrice des autres, elle ne cessa de faire du mal aux Franks, témoin Saint-Étienne de Metz et tant d'autres églises livrées à l'incendie, jusqu'au jour où son roi Attila, frappé mortellement par une femme, fut envoyé au fond du Tartare..... C'était dans le cours d'une nuit paisible, quand tous les êtres animés sont ensevelis dans le repos; lui-même dormait accablé de vin et de sommeil, mais sa cruelle épouse ne dormait point; l'aiguillon de la haine la tenait éveillée, et, reine, elle osa accomplir sur le roi un attentat horrible300. Il est vrai qu'elle vengeait par ce meurtre le crime de son père assassiné par son époux. Depuis lors la puissance des Huns tomba comme par un coup du ciel... Les défaites infligées aux pères et les outrages faits aux enfants stimulaient l'esprit du roi Charles, qui gardait au fond de sa mémoire les monuments des vieilles colères301.»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings