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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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On eût pu croire les Avars éclairés ou découragés par la chute de Tassilon, il n'en fut rien: le kha-kan avait mis toutes ses troupes sur pied; lui et son peuple avaient compté sur un butin qu'ils ne voulaient pas perdre; et suivant le traité fait avec le duc de Bavière, une armée descendit en Italie vers le milieu de l'année 788. Elle attendit dans le Frioul et tout en pillant, suivant son usage, que la flotte partie de Constantinople eût débarqué en Italie, Adalgise et les auxiliaires grecs. La flotte, suivant ce qui avait été convenu, devait les déposer sur la côte de Ravenne ou dans le golfe de Trieste, elle les transporta sur la pointe méridionale de l'Italie où ils n'eurent rien à faire. En effet, le duc de Bénévent, Hérigise, étant mort subitement, sa veuve avait fait la paix avec Charlemagne dans l'intérêt de son fils Grimoald, et quand les Grecs voulurent pénétrer dans l'intérieur de la presqu'île, les Bénéventins leur barrèrent le chemin. L'armée franke, aidée de ces nouveaux alliés, mit en pleine déconfiture les troupes d'Irène. Les Lombards, dont l'attitude avait été suspecte ou nettement hostile au nord de l'Italie, rentrèrent dans le devoir; et les Franks tombant vigoureusement sur les Huns, en eurent bientôt débarrassé le Frioul294. Cet échec n'empêcha pas le kha-kan d'envoyer en Bavière sa seconde armée, qui fut également battue. Deux généraux franks, Grahaman et Odoacre, prenant le commandement des troupes bavaroises, vinrent attendre les Huns sur la rive gauche de l'Ips, et défendirent si bien le passage de cette rivière, que le kha-kan se retira avec plus de dix mille hommes tués ou noyés295. Une troisième armée, reprenant l'offensive, vint encore se faire battre. Il y avait eu de la part des Huns agression évidente et gratuite, attaque en pleine paix, violation du droit des gens: Charlemagne résolut d'en tirer vengeance. Le kha-kan et le ouïgour eurent beau envoyer une ambassade à la diète de Worms, au printemps de l'année 790, pour donner des explications et prévenir la guerre s'il se pouvait, Charlemagne traita durement leurs envoyés. Après avoir entretenu la diète «de l'intolérable malice dont cette nation faisait preuve contre le peuple de France et contre l'église de Dieu296» et de la nécessité de lui infliger un châtiment exemplaire, il s'occupa des préparatifs d'une expédition sérieuse, et qu'il supposait devoir être longue, échelonnant des corps d'armée sur le Rhin et au delà du Rhin, et réunissant de tous côtés des armes et des vivres. Jamais, disent les historiens, on n'avait vu de tels approvisionnements297, et jamais ce roi, qui mettait au premier rang des qualités guerrières la maturité des plans et la prévoyance, n'en avait montré davantage.

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