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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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C'était un défi jeté aux Romains pour l'année suivante; mais quelques généraux distingués, placés à la tête du peu de troupes dont on disposait dans ces provinces, se chargèrent de la défense de l'Hémus. Des levées faites de tous côtés grossirent la petite armée, et, bien conduites, finirent par donner de bons soldats. Baïan, soit nécessité de faire vivre ses gens, soit tactique des voleurs qui se disséminent pour faire plus de coups à la fois, divisait son armée en corps détachés qui battaient le pays et n'avaient pas soin de s'appuyer mutuellement, de sorte qu'on pouvait, par des marches habiles, les attaquer isolément. C'est ce que fit l'armée romaine. Avec sa parfaite connaissance du pays et la solidité de son infanterie, elle détruisit les uns après les autres beaucoup de détachements de cette cavalerie errante. On put voir là les prodiges de la tactique contre des masses inorganisées. La guerre se promena ainsi de l'Hémus au Danube et du Danube à l'Hémus, le Balkan des modernes, dont les fraîches et riantes vallées ont été si souvent souillées de sang humain27. Les historiens sont pleins d'incidents curieux qui signalèrent cette campagne, mais qu'il serait trop long de reproduire ici. J'en rapporterai cependant un qui, dénué d'importance sous le point de vue de l'histoire proprement dite, en a beaucoup sous le point de vue de la philologie, parce qu'il nous fournit un spécimen des altérations qu'avait reçues la langue latine au VIe siècle dans les provinces du Danube. Les deux armées occupaient en Thrace un des cantons voisins de l'Hémus, et les Romains, que Baïan ne soupçonnait pas si près, tentèrent un coup de main nocturne sur le camp des Avars, où tout le monde dormait dans une profonde sécurité28.

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