Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Cependant, Tassilon n'était point resté inactif, et tandis que la Saxonie se faisait battre, il travaillait à réveiller la guerre en Italie, où le fils de Charlemagne encore adolescent, n'imposait qu'à demi aux Lombards. Irène s'était engagée positivement à envoyer dans l'Adriatique une flotte et une armée pour aider le fils de Didier à relever le trône de son père; le duc de Bénévent, Hérigise, avait reçu d'elle en signe d'intime alliance, une robe de patrice avec une paire de ciseaux destinés à tondre, suivant l'usage romain, sa longue chevelure barbare; les Lombards étaient dans l'attente, et les Italiens partisans des Grecs préparaient déjà leurs trahisons. Tassilon, de son côté, avait adressé aux Avars une ambassade secrète pour les exhorter à se joindre à lui285, mais ceux-ci se montraient indécis, prétextant l'incertitude des promesses d'Irène et peu confiants d'ailleurs dans la personne de Tassilon. Le mystère n'était point une des vertus du duc de Bavière, il haïssait, il aimait, il conspirait tout haut, et Charles, informé d'une partie de ses menées soit par le pape, soit par les Bavarois eux-mêmes, somma son cousin de se rendre à la diète des Franks qui devait se tenir dans la ville de Worms au printemps de l'année 787. Quoique la sommation eût été faite dans toutes les formes, Tassilon n'y obéit point. C'était d'après la loi féodale un acte de félonie et une déclaration de guerre: Charlemagne, à peine la diète terminée, entoura la Bavière d'un cordon de soldats et marcha lui-même vers la rivière du Lech; il y trouva le vassal réfractaire plus mort que vif, humilié, repentant, implorant son pardon avec larmes. Telle fut la campagne du rebelle Tassilon. Charles se laissa fléchir encore cette fois; il reçut de lui avec le bâton, symbole de l'autorité ducale286, un nouveau serment de foi et hommage, les mains de Tassilon placées dans les siennes287, mais pour plus de garantie, il voulut qu'on ajoutât au serment douze otages choisis parmi les plus qualifiés de la Bavière et le fils du duc comme treizième. Le danger avait été grand pour le gendre de Didier, et la peur encore plus grande; l'orage passé, il n'y songea plus, et Liutberg aidant, il se replongea dans les intrigues avec plus d'audace que jamais.