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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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La diète ne fut pas plus tôt terminée, Charlemagne et ses vassaux germains n'eurent pas plus tôt regagné, chacun leur pays, que les assurances de paix commencèrent à se démentir. Les Slaves des bords de l'Elbe et de la Sâla firent des courses en Thuringe, et les Frisons se soulevèrent. Une armée franke partit contre ces derniers sous la conduite du comte Theuderic; mais pendant qu'elle suivait sans trop de précaution la route qui longeait le mont Suntal, dans la vallée du Wéser, elle fut assaillie par une multitude innombrable de Saxons ayant Witikind à leur tête. L'armée franke n'était point sur ses gardes; elle fut rompue, enveloppée, presque détruite: c'était l'histoire des légions de Varus dans le guet-apens de Teutobourg, mais le vengeur ne se fit pas attendre. Charlemagne lui-même entra en campagne; et son approche qui jetait toujours l'épouvante suffit pour dissiper les troupes saxonnes victorieuses. Bientôt il vit accourir vers lui toutes tremblantes les principales tribus avec leurs chefs: elles protestaient à qui mieux mieux de leur innocence, rejetant toute la faute sur Witikind qui venait de regagner son asile en Danemark. «Witikind s'est sauvé, répondit froidement le roi des Franks, mais ses complices sont ici, et je vous dois une leçon que, pour votre bien, j'ai trop longtemps différée.» On choisit parmi ceux qui se trouvèrent là quatre mille cinq cents chefs ou soldats qui avaient pris part à l'embuscade du Suntal, on leur enleva leurs armes, et on leur trancha la tête sur les bords de la petite rivière d'Alre qui se décharge dans le Wéser282: la rivière et le fleuve roulèrent pendant plusieurs jours à l'Océan des eaux ensanglantées et des cadavres. Cette effroyable leçon n'était pas faite pour calmer les Saxons, qui reprirent la guerre avec fureur; mais trois grandes batailles gagnées successivement par Charlemagne les épuisèrent tellement qu'ils demandèrent la paix. Witikind lui-même, découragé par ses revers, déposa les armes; et se rendant en France sous un sauf-conduit du roi, il l'alla trouver dans sa villa d'Attigny pour lui prêter foi et hommage et demander la grâce du baptême. Charlemagne voulut être son parrain. Witikind et ses compagnons, suivant l'expression de nos vieilles chroniques, furent donc baptisés et reçurent chrétienté283»; mais toujours excessif dans ses idées, le représentant de la Germanie païenne, l'éternel agitateur des Saxons devenu chrétien exalté, mérita par ses austérités sauvages de passer pour un saint. Ces événements se succédèrent coup sur coup. Le bonheur inaltérable qui accompagnait Charlemagne dans ses entreprises de guerre le couvrait aussi contre les complots souterrains: une conspiration des chefs des Thuringiens contre sa vie, fut découverte et punie par lui sans trop de rigueur284.

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