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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Mariée à Tassilon vers 764, Liutberg avait vu se consommer de catastrophe en catastrophe la ruine de sa famille, accomplie par la main des Franks et dont Charlemagne recueillait le fruit; les Lombards dépossédés de l'Italie, son père jeté du trône au fond d'un cloître, son frère exilé, errant à travers le monde, sa sœur déshonorée par un divorce. Elle détestait donc les Franks et par-dessus tout leur roi qu'elle poursuivait d'une haine implacable. Pour se venger de lui pleinement, ne fût-ce qu'un jour, elle eût tout sacrifié sans hésitation, mari, enfants, sujets, couronne, elle-même enfin. La passion qui l'animait était une de ces folies de férocité que les cœurs lombards et gépides savaient seuls nourrir; c'était la haine d'Alboïn contre Cunimond, de Rosemonde contre Alboïn. Il y avait là quelque chose de monstrueux, d'étranger à la nature humaine qui effrayait les contemporains eux-mêmes; et ils donnèrent à cette femme la qualification de Liutberg haïssable devant Dieu274. Elle avait corrompu à ce point l'âme de son faible mari, que, malgré des sentiments chrétiens que la suite montra sincères, il se vantait de ne prêter serment de fidélité au roi Charles que des lèvres et non du cœur, et qu'il recommandait à ses leudes bavarois de ne se point croire liés plus que lui par les serments qu'ils avaient prêtés275. Habile à le dominer par les côtés puérils de son caractère, par sa prétention à tout conduire, à être tout, elle lui présentait les nombreux pardons du roi des Franks comme des outrages plus sanglants que son inimitié déclarée. Sous ces excitations incessantes, Tassilon ne rêvait plus que complots et rébellions; on l'entendait s'écrier avec amertume: «Mieux vaut cent fois la mort qu'une telle vie276!» Tandis que d'un côté il entretenait des correspondances avec l'impératrice Irène, avec le duc de Bénévent, avec tous les mécontents italiens, au profit d'Adalgise; de l'autre il excitait les Saxons, et se faisait le confident ou le complice des assassins, qui, en Thuringe ou ailleurs, conspiraient contre les jours du roi277. L'insensé Tassilon, ivre de son importance, se voyait déjà l'arbitre du monde et le libérateur des Germains opprimés.

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