Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Ces avertissements affectueux, ces invitations répétées du ton en apparence le plus sincère, ne convainquirent point Émeramme dont la résolution était fermement arrêtée; il insista pour partir, on redoubla de caresses; et quand il voulut le faire il s'aperçut qu'il était prisonnier. Le duc semblait céder, puis refusait, traînait le missionnaire de retard en retard, de prétexte en prétexte; si bien que celui-ci, perdant enfin courage, s'en remit à la volonté du Ciel. Ce n'est pas que la Bavière tirât grand profit de sa présence, malgré les beaux semblants de zèle que chacun affichait devant lui: il y avait là une énigme dont il finit par savoir le mot. Les Bavarois aimaient mieux conserver en Hunnie des païens qui pourraient les aider au besoin à secouer, du même effort, le christianisme et le joug des Franks, que des convertis d'un prêtre gallo-frank qui, de la condition de néophytes chrétiens, passeraient bientôt à celle de vassaux de la France. Ce raisonnement n'était peut-être pas dénué de bon sens; en tout cas, Théodon se montra inflexible, et le chemin de la Hunnie resta fermé au prisonnier. Trois ans s'écoulèrent; Émeramme demanda enfin que pour prix de ses travaux apostoliques en Bavière on le laissât partir pour Rome, où il avait, disait-il, un pèlerinage à accomplir. Le duc consentit et il se mit en route, mais après quelques jours de marche, il tomba dans une embuscade de brigands bavarois qui l'assaillirent, et le propre fils du duc Théodon, nommé Lambert, le frappa de sa main, lui reprochant contre toute vérité d'avoir corrompu sa jeune sœur nommée Utha264. Théodon eut beau désavouer le meurtre et condamner le meurtrier à un bannissement perpétuel; il eut beau aller avec toute la noblesse bavaroise au-devant du cadavre de la victime, transféré en grande pompe à Ratisbonne, il ne se lava point du soupçon d'avoir dirigé lui-même les coups. Toutefois son but était rempli, la conversion des Avars était reculée indéfiniment.