← Table of contents
Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

Reading edition

La Bavière était alors en proie à de profondes perturbations moitié religieuses, moitié politiques. Gouverné par ses ducs héréditaires mais soumis à la suprématie des Franks-Austrasiens, ce pays n'avait reçu l'Évangile que sous le patronage de l'épée franke, et il le regardait au fond comme une partie de son vasselage. Suivant que les Bavarois étaient en révolte ou en paix avec leurs maîtres politiques, on les voyait idolâtres ou chrétiens; bons catholiques le lendemain d'une défaite, ils revolaient vers leurs anciens dieux à la moindre chance de liberté, «se passant tour à tour, comme disent les vieux actes, le calice du diable et le calice du Christ»262. Dans cette situation d'esprit, ils ne voyaient qu'avec inquiétude des étrangers pénétrer chez eux: tout homme venant de Gaule leur était naturellement suspect, et il le devenait davantage s'il portait comme Émeramme la tonsure et l'habit ecclésiastique: alors on le circonvenait, on l'observait, on lui montrait une hostilité plus ou moins déclarée, plus ou moins active suivant les circonstances. C'est ce qui ne manqua pas d'arriver au missionnaire poitevin. Le duc Théodon, d'accord en cela avec son peuple, accueillit le Gaulois à bras ouverts, l'interrogea sur l'objet de son voyage, et quand il apprit que c'était la conversion des Huns, il fit tout pour l'en détourner. «Dieu me garde, lui dit-il, de m'opposer à une si sainte entreprise, mais sache bien qu'elle est impossible. La contrée située au delà de l'Ens, notre frontière du côté du levant, contrée jadis bien cultivée et couverte de villages, n'est plus aujourd'hui qu'une forêt peuplée de bêtes fauves, un désert qu'on ne peut franchir en sûreté, tant la guerre y a tout détruit263.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings