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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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L'empire romain d'Orient ne montra jamais le moindre souci de la conversion des Avars livrés, comme on sait, aux plus grossières superstitions du chamanisme; on eût dit au contraire qu'il prenait à tâche de leur conserver bien intact, comme une sauvegarde de leur barbarie, ce paganisme ridicule et féroce qui les rendait odieux, et créait une barrière de plus entre eux et leurs voisins, les Slaves baptisés du Danube. C'est du fond de l'Occident que la lumière de l'Évangile essaya de se lever sur les successeurs d'Attila. Un saint prêtre de Poitiers, nommé Emerammus, conçut la première pensée d'aller les catéchiser260. Pour comprendre ce qu'un tel projet supposait de hardiesse et de dévoûment, il faut songer que la Hunnie était parfaitement inconnue des occidentaux, et que le nom de Huns ne réveillait en eux qu'une idée effrayante de maléfices diaboliques et de cruauté sauvage. Emeramme n'hésita pourtant point à partir; pressé en quelque sorte par l'aiguillon du martyre, un beau jour, il dit adieu aux rives du Clein, gagna celles du Danube, s'embarqua sur ce fleuve, et arriva en 649 dans les murs de Ratisbonne261, principale ville de la Bavière. Il ne voulait que traverser le territoire des Bavarois pour atteindre la frontière des Huns en toute hâte; mais son apostolat n'était point destiné à rencontrer les obstacles et les périls là où ils les avait rêvés.

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