Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Huit ans après, nous retrouvons les Avars en parfaite intelligence avec ce même Grimoald, si bien que le roi lombard ayant à se plaindre du duc de Frioul, Lupus, qui, profitant de ses embarras dans le midi de l'Italie, s'était mis en révolte contre lui, crut pouvoir recourir en toute confiance à son ami le kha-kan: il le pria de passer les Alpes avec une bonne armée afin de réduire au devoir son vassal insubordonné. Le kha-kan ne se le fit pas dire deux fois, et descendit les montagnes avec toutes ses troupes divisées en deux corps dont lui-même commandait le premier. Celles du duc, à son approche, coururent se retrancher près du golfe Adriatique dans un lieu assez fort, nommé alors Fluvius256, et que les Italiens appellent aujourd'hui Fiume. Le kha-kan n'hésita pas à l'y venir attaquer avec sa seule division. La rencontre fut rude, et le combat bien opiniâtre, s'il est vrai, comme le racontent les historiens, qu'il dura trois jours entiers. Le premier jour, suivant eux, Lupus eut le dessus sans presque éprouver de pertes; le second jour, il conserva l'avantage, mais en laissant sur la place force morts et blessés; et le troisième jour, les armées se séparèrent sans que ni l'une ni l'autre pût se dire victorieuse. Mais le quatrième jour, les Frioulois ayant aperçu les coteaux environnants se couvrir de nouvelles troupes ennemies (c'était la seconde division des Huns qui arrivait), l'épouvante les prit, et ils décampèrent. Telle fut leur ardeur à fuir qu'ils n'emportèrent avec eux ni leurs blessés ni leurs morts, au nombre desquels était leur duc, dont le cadavre resta au pouvoir des Huns. En un instant, toute cette puissante armée se dissémina dans les villes closes et les châteaux, laissant le plat pays exposé sans défense à toutes les dévastations. Les Avars en profitèrent pour piller et détruire avec une sorte de rage: ils incendiaient les récoltes, ils coupaient les arbres, ils rasaient les maisons, ils réduisaient les habitants en servitude quand ils ne les tuaient pas257. Si on les eût laissés faire, ils changeaient en un désert affreux ce beau pays du Frioul, la perle de la Lombardie.