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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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En 662, l'histoire nous montre les Avars qu'un événement fortuit vient de mêler aux troubles du royaume de Lombardie, y jouant un rôle qui ne leur est pas habituel. Grimoald, duc de Bénévent, avait renversé du trône le roi lombard Pertaride, trahi par une partie de ses sujets, et celui-ci n'avait eu que le temps de s'échapper de Milan, laissant sa femme Rodelinde et son fils Cumbert au pouvoir de son ennemi. Traversant les Alpes avec grande peine et sous un déguisement, il était venu demander asile au kha-kan des Avars qui l'avait bien accueilli. Son exil durait depuis deux ans, lorsque Grimoald, qui s'était fait proclamer roi, et qu'un rival embarrassait, signifia secrètement au kha-kan des Avars qu'il n'y avait plus de paix possible entre eux s'il gardait Pertaride253. Un certain temps se passa pendant lequel des négociations semblèrent se poursuivre, puis tout à coup Pertaride disparut: et l'on sut qu'il était allé à Pavie se remettre à la merci de Grimoald. Un cri de réprobation s'éleva alors contre le kha-kan, cet hôte déloyal qui, disait-on, avait livré indirectement Pertaride, en lui retirant le seul refuge qui pût garantir sa tête; et l'on ne se donna pas la peine d'examiner les faits, car le nom d'Avar justifiait aux yeux de tous une accusation de perfidie. Pourtant c'était le contraire qui avait eu lieu, comme on le sut de la bouche de Pertaride lui-même, à qui Grimoald laissa la vie, et qui, dans sa destinée vagabonde, ne trouva pas partout autant de sécurité que chez les Avars. Voici comment il s'exprimait à ce sujet dans sa vieillesse, causant confidentiellement avec un ami et se plaisant peut-être à mettre en regard la fidélité de certains chrétiens avec celle que ces païens des bords du Danube lui avaient jadis montrée. «Au temps de ma jeunesse, disait-il, quand j'errais, chassé de mon trône, exilé de ma patrie, je trouvai un asile près d'un roi païen qui gouvernait les Huns. Ce roi me jura sur l'idole qu'il adorait, que je ne serais point trahi ni livré à celui qui me persécutait254. Peu de temps après arrivèrent dans son royaume des émissaires de mon ennemi, lesquels lui offrirent un plein boisseau d'or s'il me tuait ou me remettait à eux pour être tué.--Oh! non, répondit mon hôte, j'ai pris mes dieux pour témoins de ma parole; qu'ils tranchent ma vie à l'instant, si je fais ce que vous me demandez255.» C'était alors que Pertaride, par un acte de générosité réciproque, s'était enfui de la Hunnie à l'insu du kha-kan et avait offert lui-même sa tête à Grimoald.

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