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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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On raconte à ce sujet, qu'après la chute définitive de l'empire avar sous la puissante main de Charlemagne, un roi des Bulgares qui avait coopéré pour sa part à la destruction de l'empire des Huns, le fameux Crumn ou Crem devant lequel trembla Constantinople en 814, se demanda un jour quelles causes principales avaient amené la dissolution de cette nation jadis si redoutable, et qu'une communauté d'origine liait à la sienne. Préoccupé de sa recherche philosophique, il fit choisir parmi les captifs avars détenus dans son camp, ceux qui passaient pour les plus sages et les plus expérimentés afin de les consulter sur le sujet de ses méditations. On lui amena quatre vieillards auxquels il posa la question suivante: «A quelles causes doit-on attribuer la perte de votre chef et de votre nation249?» Celui qui avait le plus d'autorité parmi les captifs lui répondit en soupirant: «O roi, les causes ont été nombreuses et de diverse nature. Ce fut d'abord la calomnie qui, éloignant de nos kha-kans les conseillers fidèles et justes, a fait tomber le gouvernement dans des mains iniques; ce fut ensuite la corruption des juges, ceux qui étaient chargés de distribuer la justice parmi le peuple s'étant associés aux hypocrites et aux voleurs250. Puis l'abondance du vin a produit l'ivrognerie251: les Avars ont perdu le sens en même temps qu'ils ont débilité leur corps. Enfin le goût du commerce est venu consommer notre ruine: les Avars sont devenus des marchands, ils se sont trompés les uns les autres, et le frère a été pour le frère un objet de trafic252. Telle fut, ô prince, la lamentable source de nos malheurs.» L'histoire ajoute que Crumn, effrayé de ces révélations, et tremblant lui-même pour les Bulgares, promulgua les lois suivantes, qu'il fit, dit-on, approuver par l'assemblée générale de la nation: «1º que les vignes fussent arrachées dans toute l'étendue de la Bulgarie; 2º qu'on donnât à tout mendiant de quoi le tirer du besoin, et que s'il était repris en état de mendicité, on le vendît comme esclave; 3º que tout Bulgare en dénonçant un autre, fût mis aux fers jusqu'à ce que son dire eût été vérifié; que le calomniateur fût condamné à perdre la tête, et le voleur à avoir les jambes rompues». C'est là ce que quelques historiens appellent gravement, sur le témoignage de Suidas, les Institutions du roi Crumn; je crois plus prudent de n'y voir qu'un de ces apologues dans lesquels les Orientaux aiment à renfermer des leçons de morale pour les individus et des conseils pour les peuples.

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