Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Plutôt que de se résigner au joug, dix mille de ceux de Pannonie préférèrent s'expatrier et cherchèrent un asile chez les Franks-Austrasiens235. C'était une bien faible troupe qu'un aussi grand royaume que l'Austrasie n'eût pas dû craindre, composée qu'elle était en majeure partie d'enfants, de femmes et de vieillards; toutefois les Bulgares avaient si mauvais renom, on se souciait si peu de pareils hôtes ou de pareils voisins, que Dagobert, avant de les admettre, voulut consulter ses leudes, et envoya les émigrants hiverner en Bavière, où on leur fournit des maisons et des vivres236. Le conseil des leudes ayant décidé qu'on devait se défaire au plus tôt de ces étrangers dangereux, Dagobert expédia l'ordre secret de les égorger tous dans la même nuit237. Il n'en échappa que sept cents, qui se réfugièrent chez les Vendes de Carinthie. Kouvrat fit retomber avec raison la responsabilité de ce désastre sur les Avars et sur leur tyrannie, et pour commencer à se venger d'eux, il envoya une ambassade à Constantinople, sollicitant l'amitié de l'empereur. Héraclius répondit à ces ouvertures par l'envoi d'une autre ambassade chargée de remettre au roi bulgare le titre de patrice, qui le constituait officier romain, et l'empire avar se trouva limité à l'est par la puissance de Kouvrat, comme il l'était an sud-ouest par celle de Samo.