Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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L'entrevue, on le devine aisément, fut peu amicale: Samo, comme un marchand et un païen, nous dit l'auteur naïf où nous puisons cette histoire, refusa toute satisfaction, et Sicharius, comme un sot ambassadeur229, répondit au refus par des invectives. Il s'écria dans la discussion que Samo et son peuple devaient obéissance à Dagobert. «Volontiers, reprit Samo; le pays que nous possédons est à Dagobert et nous sommes à lui, à la condition qu'il voudra bien vivre en amitié avec nous.» Sur quoi Sicharius rétorqua aigrement qu'il n'était pas possible à des chrétiens serviteurs de Dieu de vivre en amitié avec des chiens230. «Eh bien donc! dit Samo tout hors de lui, si vous êtes les serviteurs de Dieu et si nous sommes des chiens, nous avons reçu la permission de vous mordre, car vous êtes de mauvais serviteurs qui ne cessez d'offenser votre maître231.» Là-dessus il chassa Sicharius de sa présence. La guerre s'ouvrit donc entre les Vendes de Carinthie et les Franks; trois armées descendirent successivement d'Austrasie et de Bavière dans les vallées des Slaves, et furent battues; puis le marchand, prenant l'offensive à son tour, remporta une victoire signalée sur les meilleures troupes des Franks, près du château de Wogastiburg ou Woitsberg. Samo devint, par suite de cette victoire, un roi avec qui Héraclius put s'allier sans honte, et le peuple des Vendes carinthiens une sentinelle avancée de l'empire romain sur le Haut-Danube.