Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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C'était bien jusque-là; mais quand les Vendes se furent révoltés, ils ne surent plus que devenir; ils manquaient d'armes, ils manquaient d'un chef capable de les exercer et de les conduire: le hasard leur procura tout cela. Les Vendes carinthiens recevaient périodiquement la visite d'un marchand nommé Samo, qui leur apportait à dos de chevaux ou de mulets les marchandises de l'Occident224: cet homme était de race franke, né à Sens, dans les Gaules, et avait longtemps fait la guerre. Il arriva juste à ce moment, et, trouvant ses amis les Vendes dans l'embarras, il ne songea qu'à les servir. Toutes les armes qu'il avait dans ses bagages leur furent d'abord distribuées; puis il leur enseigna l'art d'en fabriquer de nouvelles, de les manier, de marcher en troupe, d'avancer, de reculer, de se former en bataille. Les Avars se présentèrent sur ces entrefaites sans plus de précautions qu'ils n'en mettaient ordinairement envers des ennemis que leur fouet seul faisait trembler; mais Samo les attaqua avec ses recrues, les battit et les contraignit à la retraite. Ils revinrent en force et furent encore battus. Samo décida ce succès des Vendes par sa prévoyance et son intrépidité. Ravi d'avoir repris son ancien métier de soldat, il oubliait son commerce, quand les Vendes, rendus par lui à l'indépendance, lui proposèrent d'être leur roi225. L'aventurier frank ne se fit pas prier: il devint roi barbare dans toute l'étendue du mot, et si complétement Vende, qu'il se donna douze femmes, dont il eut trente-sept enfants226, et qu'il abjura le christianisme pour adorer les dieux blancs et noirs des Slaves. Du reste il ne s'endormit point sur son trône, et les Avars ayant cessé de l'attaquer, il les poursuivit chez les autres Vendes, qu'il appela à la révolte. Une propagande active, dont il était l'âme, travailla bientôt toutes les tribus vendiques, et passa de là chez les Slovènes. Héraclius la favorisa pour nuire aux Avars, et s'allia avec Samo; mais peu s'en fallut que ces germes de liberté ne fussent étouffés sous une autre main plus puissante que celle des Avars, la main de Dagobert, aidé des Franks-Austrasiens et des Bavarois.