Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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On a pu voir dans les récits précédents avec quelle prodigieuse dureté les Avars traitaient leurs vassaux, et particulièrement les Slaves, sur qui ils épuisaient comme à plaisir tout ce que le mépris de l'humanité, le délire de la puissance et le libertinage peuvent enfanter d'oppression. A la guerre, cette chasse aux hommes des nations hunniques, le Slave était le chien du Hun; c'était lui qui battait la campagne, qui dépistait, qui traquait l'ennemi220. Placé en première ligne pendant l'action, c'était encore lui qui soutenait et amortissait le choc, pendant que l'Avar formait la réserve. Était-il vainqueur? l'Avar prenait seul le butin; était-il vaincu ou repoussé? l'Avar le ramenait au combat la lance aux reins, et le forçait à se battre encore ou le tuait. Cette position critique du Slave à la guerre lui avait valu de la part des Pannoniens le sobriquet de Bifulcus221, «poussé devant et derrière,» ou Bifurcus, «qui se trouve entre deux fourches.» Pourtant les traitements de la paix dépassaient pour lui, en humiliations et en souffrances, ceux du champ de bataille. Quand des Avars allaient prendre leurs quartiers d'hiver dans un village vende ou slovène, ils s'y conduisaient en maîtres absolus: le Slave était chassé de sa maison; sa femme et sa fille servaient aux plaisirs de ses hôtes, son troupeau et son grain à leur nourriture, et il fallait qu'après tout cela il payât un fort tribut au kha-kan sous peine des plus grands supplices222. Le Slave supportait sa misère sans se plaindre ou du moins sans se révolter; mais l'excès de la dégradation en amena le remède. Il était sorti du mélange volontaire ou forcé des Huns avec les femmes des Vendes une race de métis qui hérita de la turbulence et de la fierté de ses pères, et finit par être très-nombreuse.