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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Pendant ce discours, récité probablement d'un ton déclamatoire, et dans l'agencement duquel Commentiole ne songea qu'à la rondeur des périodes, Baïan avait peine à se contenir. Les historiens nous le peignent dans un paroxysme effrayant de colère, le teint enflammé, les sourcils tendus, les yeux écarquillés, la prunelle étincelante19: on eût dit qu'il allait se précipiter sur le Romain pour le dévorer. Il se contenta pourtant de l'envoyer en prison avec les fers aux mains et les ceps aux pieds; puis il fit mettre en pièces sa tente, ce qui était chez les Avars un arrêt de mort20. La nuit ne calma point sa fureur, mais le lendemain matin plusieurs chefs importants vinrent le supplier de ne point faire mourir un homme qui avait le caractère d'ambassadeur; «il était, disaient-ils, assez puni d'avoir été mis à la chaîne21.» Le kha-kan céda par condescendance pour les siens, et les députés rentrèrent à Constantinople, tout épouvantés de ce qu'ils avaient vu. Rien n'était disposé pour faire une campagne à l'intérieur et encore moins à l'extérieur de la longue muraille, car Maurice avait toutes ses troupes dans les provinces voisines de la Perse, et la brusque attaque des Avars le déconcertait au dernier point. Mais Baïan n'alla pas plus loin cette année: l'hiver qui commençait à sévir le ramena chez lui avec son armée gorgée de butin. Au commencement de l'année suivante, il reçut l'avis que l'empereur augmentait sa pension de vingt mille pièces d'or, et par réciprocité il jura une nouvelle paix.

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