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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Héraclius avait trop de bonheur et de gloire; la philosophie païenne l'eût averti de trembler, et en effet le malheur et la honte étaient à sa porte. Mahomet fondait alors parmi les siens cette religion des jouissances matérielles et du sabre, qui de l'Arabie, dont elle achevait la conquête, devait déborder sur l'univers. Dès 622, le prophète s'était essayé contre l'Arabie romaine, mais sans succès; vint ensuite la lutte d'Héraclius et de Chosroès, dont il attendit patiemment la fin, ne souhaitant la victoire à aucun et tout prêt à se jeter sur le vaincu. Aussi, voyant la Perse plus qu'à moitié ruinée, il projetait une expédition contre elle lorsqu'il mourut en 632. Ce fut son successeur qui la fit: Abou-Bekr soumit l'Irac arabique et prépara la conquête de tout l'empire des Perses. En même temps il attaquait l'empire romain par les mains de Khaled, son général avant d'être celui d'Omar, et Khaled enleva Bostra en 632, Damas en 634, Émèse en 636, et eut bientôt réduit sous le joug de l'islamisme la Syrie, la Mésopotamie et la Palestine. En 637 Jérusalem était prise, en 639 Memphis et Alexandrie. Rien ne résistait aux armes des khalifes; tout cédait, tout courbait la tête devant les terribles exécuteurs de cette fatalité dont ils avaient fait leur dogme religieux. Les légions d'Héraclius, si héroïques en Perse, lâchèrent pied devant les musulmans; son frère Théodore et ses autres généraux furent battus; lui-même vit échouer contre eux et les combinaisons de sa science militaire et l'impétuosité de son courage. Quand il apprit la reddition de Damas, il s'écria: «La Syrie est perdue!»216 et voulut sauver au moins des mains de ces autres infidèles la sainte croix, dont la délivrance lui avait tant coûté.

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