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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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La première pensée des assiégés, dès qu'ils purent sortir de leurs murs, fut d'aller rendre grâce à leur patronne, la Toute-Sainte, dans son église de Sainte-Marie de Blakhernes, et de déposer à ses pieds leur palme de victoire. Parmi tous ces héros chez qui l'antique vertu romaine avait refleuri au souffle du christianisme, pas un ne se glorifiait, pas un ne rapportait à lui-même son propre salut ou le salut de la ville; tous disaient: «Qui nous a sauvés, sinon la Panagia?» Son intervention dans les diverses péripéties du siége avait été visible pour tout le monde, et dans de pieuses confidences on se racontait mutuellement ses merveilles. On l'avait vue couvrir la ville d'un bouclier, foudroyer les Avars, briser leurs machines; on l'avait reconnue dans le combat naval de Chelæ, quand les flots s'étaient agités d'eux-mêmes sous un ciel serein pour engloutir les impies202: le calme et la tempête, disait-on, n'obéissent-ils pas à l'étoile des mers? La croyance en l'intervention directe de la Vierge dans les événements du siége avait passé jusque dans le camp barbare: tandis que les Romains lui attribuaient leur victoire, les Avars l'accusaient de leur défaite. Un jour que le kha-kan examinait en compagnie de ses officiers l'état des murailles de la ville, on l'entendit s'écrier tout à coup: «J'aperçois là-bas une femme qui parcourt le rempart; elle est seule et en habits magnifiques203.» Une autre fois, ses soldats virent approcher de leurs retranchements une dame romaine d'une beauté admirable, qui portait le costume d'impératrice, et que suivait un cortége d'eunuques et d'officiers richement vêtus204. Les sentinelles, la prenant pour la sœur d'Héraclius qui venait proposer la paix au nom de son frère, lui ouvrirent les barrières du camp205; mais à peine eut-elle franchi le fossé qu'elle disparut, et que les Avars, comme frappés de frénésie, tournèrent leurs épées les uns contre les autres206. Ces contes couraient de bouche en bouche, et sont restés dans l'histoire, où ils jettent quelque lumière sur l'esprit du temps et sur le mobile qui produisait au monde romain ses derniers héros. Une circonstance bizarre et qui semblait donner aux fables l'appui de la réalité, c'est que de toutes les églises de Blakhernes, la seule église de Sainte-Marie ne fut ni pillée ni incendiée, comme si un bras puissant en eût écarté la flamme et les Barbares207. Le jour anniversaire de la délivrance de Constantinople fut consacré par une fête religieuse qui se célébrait le samedi de la cinquième semaine de carême.

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