Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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La nuit était sombre, et la lueur des feux qui brillèrent sur l'église put arriver au fond du golfe sans trahir les galères romaines qui stationnaient en avant. Les Slaves, prenant ce signal pour celui qu'ils attendaient, commencèrent à ramer avec leurs canots pleins de soldats, et gagnèrent bientôt le large. Ce fut alors que les vaisseaux romains se démasquèrent, et, rapprochant leurs lignes, culbutèrent ou coulèrent bas tout ce qui se trouvait dans l'intervalle. Il y eut là un affreux pêle-mêle de canots chavirés, brisés, d'hommes nageant dans les ténèbres, se heurtant les uns les autres, assommés du haut des navires à coups de javelots, d'avirons ou de crocs196. Ceux qui purent traverser la ligne des galères se dirigèrent vers Blakhernes où ils voyaient luire des feux et où ils pensaient trouver les Avars; mais au lieu des Avars, c'étaient les Arméniens, qui les tuèrent à mesure qu'ils se présentaient. Quelques-uns qui se crurent plus heureux, ayant abordé au fond du golfe, parvinrent jusqu'au kha-kan; mais le cruel se vengea de sa déconvenue en les faisant massacrer197. La défaite avait suivi l'attaque de si près, que les Avars n'eurent pas le temps d'essayer l'escalade par terre, ou, s'ils l'essayèrent, ils y renoncèrent aussitôt.