Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Le kha-kan tomba dans une véritable folie de colère; il menaçait l'ennemi, il menaçait les siens; il passait d'une résolution violente à une plus violente encore. Enfin il arrêta son esprit sur un projet qui pouvait réussir, mais demandait avant tout un grand secret. Il s'agissait d'opérer, dès la nuit suivante, une surprise sur la partie de la ville voisine de Blakhernes et du port, au moyen de la flotte que monteraient des soldats slavons, et qui se trouvait de nouveau concentrée dans les eaux du Barbyssus. Des feux allumés sur les hauteurs de Blakhernes devaient donner le signal du départ194, et tandis que l'attaque portée du côté de la mer attirerait la garnison de Constantinople, le kha-kan profiterait du désarroi pour escalader la muraille du côté de la terre. Le succès de cette combinaison ne lui paraissait point douteux. Il en fit donc faire les préparatifs activement, mais avec mystère. Toutefois le mystère ne pouvait pas être bien grand sous les yeux de la population romaine, où tout individu considérait comme un devoir de se faire l'espion de la ville: le moindre mouvement de l'ennemi, la moindre disposition, étaient observés, commentés, révélés aussitôt. Bonus, averti à temps, ordonna à sa flotte d'appareiller dès que la nuit serait venue, et de filer à petit bruit le long des deux rives du golfe, birèmes d'un côté, trirèmes de l'autre, et de garder sa position jusqu'à ce que la flottille avare se fût engagée entre ses lignes comme entre les branches d'une tenaille. En même temps il fit occuper les abords du golfe à Blakhernes par un corps d'Arméniens qu'il chargea de tuer ou de rejeter à la mer les Barbares qui chercheraient à y prendre terre. Enfin il fit préparer des feux qui devaient être allumés au moment convenu sur la plate-forme de l'église de Saint-Nicolas de Blakhernes195.