Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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A peine les rameurs slaves commencèrent-ils à prendre le large, que la flotte romaine accourut malgré le vent contraire et s'interposa entre la rive occidentale du Bosphore et les canots barbares189. Tous ceux qui se trouvaient déjà un peu loin en mer furent culbutés; les autres rétrogradèrent prudemment, et celui qui portait le kha-kan fut du nombre. Humilié, irrité, ne rêvant que vengeance, le chef avar retourna devant la ville, tandis que les mariniers slaves retiraient leurs nacelles sur le sable. Les assiégés, l'ayant aperçu qui passait à cheval près de leurs murs, donnant des ordres pour activer les travaux du siége, lui envoyèrent par bravade un cadeau de vin et de gibier190. Sur quoi un barbare nommé Ermitzis191, le second en dignité après lui, s'approcha d'une des portes et cria d'une voix haute aux assiégés: «Romains, vous avez commis une action abominable en tuant trois hommes qui avaient soupé hier avec le kha-kan, et lui envoyant la tête d'un de ses convives avec un autre tout mutilé; aussi le kha-kan est-il très-irrité contre vous192.--Tant mieux! répondirent les assiégés; nous nous soucions fort peu de ce qu'il en pense193.»