Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Pendant la nuit qui suivit cette bizarre conférence, des trirèmes romaines, postées pour épier le retour des ambassadeurs perses au camp de Schaharbarz, surprirent la nacelle qui les portait. Leur sort ne fut pas longtemps incertain. Un d'entre eux eut la tête tranchée; on coupa les poings à un autre, et après lui avoir pendu au cou ses propres mains et la tête de son collègue, on le renvoya au kha-kan. Quant au troisième, amené sur une galère en vue du camp des Perses, il y fut décapité, et sa tête fut lancée à terre par une baliste avec un écriteau où on lisait: «Le kha-kan a fait la paix avec nous et nous a livré vos ambassadeurs; en voici un que nous vous restituons, ne soyez pas inquiets des deux autres187.» Malgré cet avertissement, qui lui faisait connaître que la mer était gardée, le kha-kan, pressé d'en finir, fit mettre ses barques à flot le dimanche matin pour procéder au transport des auxiliaires perses. Il comptait que le vent, qui s'était levé du nord et soufflait contre Constantinople, empêcherait la flotte romaine de le gêner; il croyait aussi n'être pas aperçu, attendu qu'il avait choisi pour son embarquement une petite baie éloignée de la ville de deux lieues, et qui s'appelait la baie de Chelæ188. Il avait profité de la nuit pour y faire transporter par terre une partie de ses canots à bras d'hommes ou à dos de mulets, de sorte qu'il espérait aller et revenir avant que les Romains eussent découvert son dessein: lui-même voulait présider à l'opération du passage et montait un des premiers canots; mais rien n'échappait à la vigilance du patrice Bonus.