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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Le 2 août au soir (c'était un samedi), le kha-kan fit demander à Constantinople quelques grands dignitaires romains pour conférer avec eux sur une proposition de paix: on lui en envoya cinq des plus qualifiés. A peine furent-ils entrés dans sa tente, que le kha-kan, sans leur adresser la parole, commanda à l'un de ses gens d'aller chercher «les trois Perses vêtus de soie180,» qui attendaient dans un compartiment voisin, et ces hommes étant venus, il les fit asseoir à ses côtés, laissant debout devant eux et lui les hauts personnages, patrices ou clarissimes, qui représentaient l'empire romain. Interpellant alors les Romains avec une sorte de solennité: «Vous voyez ici, leur dit-il, une ambassade que j'ai reçue des Perses, et qui m'annonce que Schaharbarz me tient prêt là-bas un secours de trois mille hommes; il m'a semblé bon de vous en informer. Si vous consentez à évacuer votre ville, tous tant que vous êtes, avec un sayon et une chemise, j'arrangerai l'affaire près de Schaharbarz: ce général est mon ami; vous passerez dans son camp, et je me porte garant qu'il ne vous fera aucun mal181. Quant à ce qui me regarde, je veux votre ville; je la veux avec tout ce qu'elle renferme, et songez bien que vous n'avez pas d'autre moyen de sauver votre vie, à moins peut-être que vous ne deveniez poissons pour vous échapper dans la mer, ou oiseaux pour vous envoler dans l'air182. Les Perses sont maîtres de l'autre rive du détroit, comme ceux-ci me l'assurent; quant à votre empereur, il n'a jamais mis le pied en Perse, et il n'existe aucune armée qui soit à portée de vous secourir.--S'ils te l'assurent, ils mentent! s'écria le patrice George dans un mouvement de noble colère; une armée romaine est déjà entrée à Constantinople, et notre prince très-pieux a si bien mis le pied en Perse, qu'il ne laisse pas pierre sur pierre dans leurs villes183.» A ces mots, un des Perses hors de lui prit la parole et invectiva grossièrement le Romain. «Je ne prends pas tes insultes comme venant de toi, répliqua celui-ci avec mépris; c'est le kha-kan qui me les adresse, car lui seul t'inspire l'audace de m'outrager184.» Là-dessus un autre Romain dit au kha-kan: «Comment se fait-il que toi, qui as amené ici tant de troupes, tu aies encore besoin de l'aide des Perses?--J'ai voulu seulement vous expliquer, répondit le barbare un peu troublé dans son orgueil, que les Perses, si je le désire, se joindront à moi, parce qu'ils sont mes amis185.--Quoi qu'il en soit, ajoutèrent les ambassadeurs romains, nous ne quitterons jamais notre ville. Nous sommes venus ici sur ta demande pour parler de paix; si tu n'as rien de plus à nous dire, hâte-toi de nous renvoyer186.» Le kha-kan les congédia.

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