Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Tandis que ces choses se passaient aux extrémités de la Perse, Schaharbarz était arrivé sur la rive orientale du Bosphore, et avait dressé son camp à Chrysopolis, aujourd'hui Scutari, tandis que l'armée avare opérait sa marche sur Constantinople. Le 29 juin, l'avant-garde du kha-kan parut au pied de la longue muraille, où elle se reposa un jour; bientôt après, elle était à Mélanthiade, sans avoir rencontré d'ennemis161. Elle s'y arrêta pour attendre le corps principal de l'armée ou de nouveaux ordres de son chef. Le gros de l'armée avare s'avançait péniblement à travers les boues de la Mésie, embarrassé comme il l'était de bagages, de chariots, surtout de cette multitude de canots creusés d'un seul tronc d'arbre, de monoxyles162, comme disaient les Grecs, que les Avars convoyaient avec eux sur des chars ou des traîneaux pour servir de flottes à leurs alliés. Ces embarras forcèrent le kha-kan à faire dans Andrinople une halte prolongée; mais il voulut mettre du moins le temps à profit. Faisant amener en sa présence le patrice Athanase, que l'on conduisait à sa suite comme un prisonnier, il lui ordonna de partir sur-le-champ pour Constantinople: «Va trouver tes compatriotes, lui dit-il, et sache d'eux ce qu'il leur plaît de m'offrir pour que je n'aille pas plus loin.163» Athanase partit. Introduit bientôt dans le sénat, il y rendait compte de sa mission, lorsqu'un tumulte auquel il ne s'attendait pas lui permit à peine d'achever. On l'interpellait, on lui reprochait de s'être chargé d'un message outrageant pour la majesté romaine; on allait presque jusqu'à l'accuser de trahison ou tout au moins de lâcheté164: Athanase écoutait dans une profonde stupéfaction, ne sachant que répondre à des reproches qu'il ne comprenait pas.