Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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De Singidon, Baïan descendit, en suivant le Danube jusqu'à Viminacium, qu'il enleva de vive force; puis il se jeta sur une petite ville nommée Augusta, célèbre par les eaux minérales qui décoraient son voisinage, et pour l'usage desquelles les habitants avaient construit des thermes magnifiques. Baïan, pour répandre la terreur, démolissait et incendiait en vrai barbare tout ce qui tombait sous sa main, et il allait en faire autant des thermes d'Augusta, lorsque ses femmes, qui s'y étaient retirées pendant le siége et s'étaient mises bien vite à se baigner, demandèrent merci pour l'édifice qui leur avait procuré du plaisir13. Le kha-kan ne sut pas leur résister, et les bains d'Augusta demeurèrent debout. Tout le pays sur une partie du Danube ressentit ainsi sa fureur; puis, traçant dans sa marche une diagonale qui traversait la Basse-Mésie, il alla s'abattre sur la côte de la mer Noire, dont les riches cités, entrepôt du commerce maritime entre l'Asie et les pays du Danube, avaient été jusqu'alors exemptes de la guerre. Mésembrie et Odyssus, aujourd'hui Varna, échappèrent, à ce qu'il paraît, au sac qu'il leur réservait; mais il prit Anchiale et y séjourna. C'est là qu'il reçut la visite de deux personnages éminents que lui avait députés l'empereur pour lui demander en quoi les Romains l'avaient offensé et lui faire sentir la déloyauté de sa conduite. «Vous voulez savoir ce que j'ai le dessein de faire, répondit durement Baïan; j'ai dessein d'aller détruire la longue muraille derrière laquelle vous vous cachez.14»