Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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L'armée romaine, victorieuse en toute rencontre, se trouvait alors campée dans les plaines de l'Euphrate, en face des troupes persanes, réunies et bien plus considérables en nombre. Comme si Chosroès eût renoncé à combattre, il divisa ses forces en trois corps, dont le premier, sous le commandement de Schaharbarz, se dirigea vers l'Asie-Mineure, les deux autres restant en observation dans la Mésopotamie. De ces derniers, l'un devait manœuvrer sur les flancs de l'armée romaine pour l'inquiéter et la retenir, tandis que l'autre, s'échelonnant à l'intérieur, couvrirait les abords de Ctésiphon. Le corps chargé de la garde de l'intérieur se composait de l'élite des troupes persanes, des bataillons d'or148, comme on les appelait parce que la pointe de leurs lances était dorée. Héraclius d'un coup d'œil saisit l'intention de ces mesures, et avec sa hardiesse accoutumée il leur en opposa d'autres pour les déjouer. Divisant aussi sa petite armée en trois corps, il laissa le plus nombreux sur l'Euphrate, dans une position fortifiée, et sous le commandement de son frère Théodore, dont il connaissait l'énergie. Il envoya le second par l'Arménie gagner la côte du Pont-Euxin, où la flotte devait le transporter à Constantinople, et partit avec le troisième pour les contrées du Caucase, où l'appelaient un nouvel intérêt, de nouvelles aventures à courir. Il avait appris en effet qu'une horde de Khazars avait fait irruption par les portes caspiennes dans l'Aderbaïdjan, qu'elle pillait; et l'idée lui était venue de l'enrôler sous son drapeau pour opérer, de concert avec elle, une diversion terrible contre la capitale de la Perse149. Le projet fut exécuté aussitôt que conçu, et il accourait avec quelques légions, sur le passage de cette horde, lui porter des paroles d'amitié et offrir des présents à son chef.