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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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La vie d'Héraclius, pendant ces rudes campagnes, n'était pas seulement celle d'un général, mais d'un soldat toujours occupé ou à frapper le premier coup dans la bataille, ou à soutenir l'assaut d'une masse d'ennemis acharnés sur sa personne. Il livra nombre de combats singuliers, força tout seul le passage d'un pont à travers les cavaliers qui le gardaient, fut blessé bien des fois et eut plusieurs chevaux tués sous lui. On le reconnaissait dans la mêlée à ses bottines de pourpre145, devenues pour l'ennemi un objet d'effroi: «Vois là-bas ton empereur, disait Schaharbarz à un transfuge romain; c'est devant lui que nous fuyons146!» Les alliés de l'empereur ne lui donnaient guère moins d'embarras que ses ennemis: c'étaient toujours de la part des tribus du Caucase, que lassait une guerre fatigante et sans profit, des murmures qu'il fallait apaiser, ou des menaces d'abandon qu'il fallait prévenir. Un jour enfin vingt mille de ces amis incertains voulurent partir à la veille d'une bataille. Héraclius les congédia en présence des légions romaines sous les armes, sans que son visage en fût altéré: «Frères, dit-il à ses soldats, car c'est ainsi qu'il les appelait dans ses harangues, Dieu réserve le triomphe pour nous seuls147.»

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