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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Les noms de Hunnie et d'Avarie1 furent employés indistinctement pour désigner le siége de la nouvelle domination, et même chez les peuples de l'Europe occidentale, moins au courant des différences de détail, le mot de Huns prévalut pour désigner les Avars: c'est ce qu'on peut voir dans la plupart des écrivains latins. Par suite de la même confusion, les premiers Huns devinrent des Avars, et la synonymie des deux noms fut complète dans le passé comme dans le présent. De là ces formules très-bizarres au point de vue de l'exactitude historique, mais admissibles pourtant dans l'hypothèse où se plaçaient les contemporains: savoir qu'Attila était un roi des Avars, que les Avars avaient envahi la Gaule et menacé Rome, dont ils s'étaient ensuite éloignés à la prière du pape saint Léon. Ce ne sont pas seulement des poëtes qui s'expriment ainsi, mais de graves historiens instruits des faits, et qui se pliaient sciemment à l'idée populaire. La politique tenait aussi le même langage, et nous la verrons dans une circonstance importante, où l'épée gallo-franke sortit du fourreau, faire payer rudement aux kha-kans avars la dette de leur prédécesseur Attila. Telle fut l'opinion qui s'établit dans l'Europe civilisée, et qui tendait à rejoindre et à ressouder les deux tronçons de l'empire hunnique. Quant aux Ouar-Khouni, ils semblent avoir compris à merveille le rôle qu'ils étaient appelés à jouer. Ce peuple, qui avait usurpé en Orient un nom étranger, parce que ce nom était redouté, et qui s'affublait de la gloire des Avars, ses anciens maîtres, aurait-il répudié celle des premiers Huns ses frères et la puissance morale attachée au nom d'Attila? Cela n'est pas croyable. On le voit au contraire s'étudier à ranimer des souvenirs traditionnels qui étaient une force et un honneur pour lui. Baïan place son camp royal entre la Theïsse et le Danube, aux lieux où s'élevait le palais du conquérant; c'est de là qu'il domine les Slaves, les Bulgares et le reste des Huns, qu'il provoque les Franks austrasiens, et qu'il fait entendre à Justin II le langage d'Attila aux fils de Théodose.

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