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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Les premiers mois qui suivirent le débarquement de l'année romaine en Colchide furent employés utilement à l'acclimater, à l'exercer, à lui donner l'unité qui lui manquait, à lui inspirer enfin l'esprit d'exaltation religieuse où son chef puisait confiance en lui-même et autorité sur les autres141. L'enrôlement des tribus du Caucase, opéré pendant ce temps-là, vint doubler la force numérique des légions. Aux approches de l'hiver, Héraclius entra dans l'Arménie, qui se déclara tout entière pour lui: sûr alors de sa retraite, il descendit dans l'Atropatène (l'Aderbaïdjan des modernes), dont les habitants, pris au dépourvu, n'essayèrent pas même de résister. On les voyait, disent les historiens, déserter leurs maisons et s'enfuir dans leurs rochers comme des troupeaux de chèvres sauvages142. Chosroès, surpris lui-même, répondit à sa manière aux succès de son ennemi, en faisant assommer des ambassadeurs romains qu'il tenait en prison depuis six ans. Une pareille indignité mit l'armée romaine hors d'elle-même, et l'Atropatène fut traitée comme une terre vouée à la destruction. Cette province, patrie de Zoroastre et berceau du culte institué par ce premier des mages, en était toujours le siége le plus vénéré; c'est là que s'élevaient les Pyrées les plus magnifiques et les plus nombreux, là que le culte du feu se célébrait avec le plus de pompe et de dévotion. Héraclius ruina les temples, chassa ou massacra les prêtres, et supprima partout le feu perpétuel: le dieu fut éteint dans le sang de ses adorateurs143. Ainsi les profanations de Jérusalem furent vengées; mais la croix n'était plus ni là, ni en Arménie, les Perses, à l'approche des Romains, l'ayant enlevée pour la mettre en sûreté dans les parties centrales de leur empire.

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