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Histoire d'Attila et de ses successeurs (2/2)

Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.

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Cet acte de brigand, si odieusement prémédité, eût exigé le plus rude et le plus prompt châtiment; mais ce châtiment, c'était la guerre, la guerre en Europe, c'est-à-dire, l'abandon du grand projet qui passionnait l'empereur et l'empire. Le sentiment chrétien frémissait au fond des âmes à une pareille pensée. Les excuses du kha-kan et ses protestations d'innocence vinrent fort à propos tirer les Romains d'embarras. Son absence, calculée avec tant d'astuce, lui servit de justification; il n'épargna pas à ses soldats les reproches d'indiscipline et de cupidité, offrit de restituer le butin et les prisonniers, et accumula serment sur serment pour rendre le ciel garant de sa bonne foi134. Que faire, si l'on ne voulait pas la guerre? Agréer des excuses auxquelles on ne demandait pas mieux que de croire, se montrer convaincu de l'innocence du kha-kan, et reprendre les négociations interrompues. C'est ce qu'on fit en effet par l'intermédiaire du patrice Athanase et du questeur impérial Cosmas, rendus moins confiants par l'expérience. Au reste, le traité d'alliance fut aisé à conclure, tant le kha-kan se montra doux et facile sur les conditions; il semblait n'avoir plus qu'un désir, celui d'effacer de la mémoire des Romains l'impression laissée par les derniers événements. La paix fut donc jurée de part et d'autre135. L'esprit des Romains se rassérénant peu à peu, on reprit les armements de la guerre d'Asie, avec moins de précipitation toutefois; puis, quand toute crainte à l'égard du kha-kan se fut à peu près dissipée, on fixa aux fêtes de Pâques de l'année 622 le départ de l'expédition.

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