Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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L'attention du Barbare à venir ainsi au-devant de tous les vœux des Romains parut d'un excellent augure, et on s'habitua à considérer l'alliance, une alliance ferme et durable, comme déjà conclue. Aussi l'empereur s'ingénia-t-il à recevoir dignement son hôte et à faire du temps des négociations un temps de plaisirs; il ordonna en conséquence la préparation de courses de chars et de jeux scéniques extraordinaires qui seraient célébrés dans Héraclée120. Lui-même, voulant rendre au kha-kan tous les honneurs dus à un roi ami, alla attendre à Sélymbrie, quelques milles en deçà de la longue muraille, la nouvelle de son approche, pour se porter à sa rencontre entre cette ville et Héraclée. Peu de soldats l'accompagnaient dans ce voyage, qui promettait d'être tout pacifique; mais le cortége abondait en hauts personnages et fonctionnaires de tout grade vêtus de leur costume officiel. A la queue marchaient des voitures pleines de riches présents destinés aux chefs avars, puis l'attirail complet d'un théâtre, ainsi que les chars, les chevaux, les cochers de l'hippodrome, qui voyageaient parmi les bagages sous la protection de l'escorte. Pendant trois jours que l'empereur demeura à Sélymbrie, les routes furent incessamment couvertes de curieux accourus de tous côtés, mais surtout de Constantinople, pour assister aux réjouissances. «C'était, nous dit un vieux récit, une foule innombrable, compacte, mélangée de toute sorte de gens: le clerc y coudoyait le laïque, l'ouvrier le magistrat, et le campagnard y cheminait à côté du citadin121.» Il n'y eut pas jusqu'aux factions du cirque122 qui ne tinssent à honneur de venir représenter devant les hôtes sauvages d'Héraclée leur rivalité turbulente, comme le couronnement obligé de tout divertissement romain.