Note (retour) — TROISIÈME PARTIE.
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Le pauvre enfant, au dire des historiens, était gracieux et beau; sa chevelure, d'un blond pâle, tombait en boucles épaisses sur ses épaules, et son œil bleu était plein de flammes112. Le Barbare en eut pitié; baissant sa lance déjà dressée pour le frapper, il résolut d'en faire plutôt son esclave. S'approchant donc de l'enfant avec douceur, il lui prit la bride des mains et retourna sur ses pas, ramenant en laisse derrière lui le captif et le cheval, et tout fier de sa conquête, car il avait pour lot le fils d'un prince113. Grimoald suivait, honteux et pensif, jetant des regards à la dérobée vers les bois où ses frères avaient fui. «Il était petit, nous dit le vieil auteur, Lombard de naissance, où nous avons puisé notre récit; mais dans ce petit corps s'agitait une grande âme114. Tout en cheminant, il tira du fourreau avec précaution la courte épée qui pendait à son côté suivant l'usage des enfants germains de noble origine, et la levant à deux mains, il l'abattit de toute sa force sur le crâne de l'Avar qui n'avait point de casque115. Quoique parti d'un faible bras, le coup fut assez rude pour que le Barbare en restât étourdi: il lâcha les rênes du cheval et alla lui-même rouler par terre. Grimoald alors, ressaisissant le frein de sa monture, fit volte-face, prit le galop, et, se cramponnant comme il put, parvint à rejoindre ses frères116. Les cavaliers avars, déjà rentrés dans leur camp, ne songèrent pas même à le poursuivre.